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13/05/2014

Valérie Mischler à l'Essaïon...

 

Valérie Mischler 20 ème 10-2-2014 (178) bandeau AAA 10-02-2014 21-00-46 3354x1711 10-02-2014 21-00-047.jpg

 

Si vous aimez les chansons sans calcium sur des musiques molles, chantées par des minimalistes du verbe et du geste, ce qui suit n'est pas pour vous. Et si l'Eurovision vous a ravi, peu de chances que vous passiez un bon moment à l'Essaïon. Surtout les jours où Valérie Mischler se donne en spectacle. Les textes qu'elle a signés sont dans la veine des auteur(e)s qui ne trempent pas leur plume dans l'encre bleu layette, c'est une galerie de personnages entre desperate women et combattantes de la vie, de celles qui se disent que parfois la vie n'est pas marrante, ce qui n'empêche pas d'être drôle, dans une autodérision joyeuse et décomplexée.

V Mischler  Jours Ferre 2014 deuxieme -2014  la reine de la revue.JPGAprès le Vingtième Théâtre, et une belle participation aux Jours Ferré à l'Européen, retour à ces petites salles qui permettent un contact direct avec le public, ce partenaire indispensable d'un spectacle réussi, c'est son kiff, sa came, son terrain de jeux, et c'est trois jours, 22, 23 et 24 Mai, à l'Essaïon, pour un « Méli mélo de bluettes sur canapé » mais des bluettes parfois très acidulées. Il y aura avec Valérie Mischler, Sabine Balasse, Thierry Bretonnet et Xavier Rubin. A 21h 30.

Pour avoir un aperçu élargi, il y a les chansons que Valérie Mischler a interprètées lors des Jours Ferré, dans un répertoire nouveau pour elle, et parfaitement maîtrisé, les réactions du public en témoignent. Allez sur ce FB où il y a pas mal de choses, interviews, extraits, et comme un spectateur averti en vaut deux, multiplions les échos. Et rendez-vous rue de La Pierre au Lard, un de ces coinstots parigots où fleurit la chanson qui n'a pas la langue dans sa poche.

 Surtout en Mai !

 Pour écouter, c'est là:

https://www.facebook.com/pages/Fans-de-Val%C3%A9rie-Mischler/658649990826303?ref=ts&fref=ts

 

Et pour quelques images de plus, du show, du show, du show,

 

Montage VM Show.jpg

 

 

17:15 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (1) | Tags : valérie mischler, essaïon | | |  Facebook |  Imprimer |

09/04/2014

Histoire de faussaire, mais pas que ...

brassens-halte 08-04-2014 16-47-11 380x346.jpgQuand on n’a pas le talent de peindre la Joconde, on lui met des moustaches et un nez rouge et on a son quart d’heure de gloire artificieuse.

Dans le petit monde de la chanson, on a aussi ce genre de turlupins, qui viennent faire un hold-up dans le répertoire d’un auteur très connu, mort si possible, pour récupérer une once de plus value dans « leur art ». Dont l’expression est plus proche de la parodie que de l’hommage, sans toutefois assumer le côté parodie. Le dernier exemple est de ce mardi matin 8 avril sur Inter, avec un groupe qui surfe, comme ils disent, sur quelques chansons connues. Leur victime du jour est Brassens. Qui a déjà subi quelques avanies remarquables, tout comme Ferré dans des hommages-dommages assez consternants. Comme on n’ose pas s’attaquer aux textes, même si certains osent tout, il y a des limites, c’est donc la musique qu’on va massacrer, avec les mêmes constantes, on part d’une musique plutôt riche et on l’émascule pour en faire un ersatz qui «surfe» en accréditant ainsi les avis des primaires du solfège qui disaient que Brassens n’était pas « musical ». C’est sans doute pour ça que le jazz s’est souvent régalé avec les compositions de Brassens… Je ne crois pas avoir entendu l’équivalent avec les oeuvres de Plastic Bertrand, référence citée pour ce groupe « Hangar » dans ce happening, dont France-Inter nous a offert un aperçu… (dans une séquence que je suis avec assiduïté, d’où la surprise)

 La mauvaise réputation  revisitée par Hangar, c’est Rhapsody in blue, jouée sur un clavier Bontempi dont on n’utiliserait que quatre ou cinq notes… Et si on efface les paroles pour écouter la musique nouvelle, je mets au défi un musicien non prévenu de reconnaître Brassens, mais comme l’a dit un des intervenants, y a du Plastic Bertrand. Qui comme chacun sait, est un véritable frère de paroles et de musique de Brassens…

La liste des catastrophes musicales de cet acabit est longue. Hélas… Ferré qui se voulait autant musicien qu’auteur a eu aussi à subir les attentats de ces révisionnistes du répertoire. Dont les actions n’ont pas d’autre justification qu’une sorte d’opportunisme de marketing, soufflé par un communicant quelconque, à des gens qui n’ont dû écouter leur artiste reprisé qu’en pointillés. Et surtout entre les points. Il semble que cette re-création de Hangar est un « live » réservé aux (mal)heureux auditeurs de France Inter, qui ne méritent pas ça… Enfin, au moins pour ce mardi. Lors des présentations et interviews diverses pour la promo de ces hommages, (en général) il  est apparu clairement qu’une bonne partie des fervents dévots conviés à la grand’messe ne connaissaient que la chanson à eux dévolue, et un ou deux éléments de langage sur l’artiste objet de leur attention éphémère. Par chance dans ce genre d’exercice, il est fréquent que l’interviouveur n’en sache pas plus que l’interviewé, ça évite les grosses bévues, mais pas toujours…

 Pour cette mauvaise interprétation de la mauvaise réputation, made in Hangar, la séquence dite musicale ne devrait pas figurer sur un album, en vertu du respect minimum dû à une chanson, qui impose de ne pas dénaturer par des initiatives saugrenues ce qui a été déposé à la Sacem sous peine de réparation judiciaire.

 Mais en direct, on peut tout oser. Y compris sur une radio nationale. Dans un album censé être un hommage à Ferré, il y a bien eu une version émasculée de musique avec « Thank You Satan » dans une version rock par Dyonisos, mieux inspiré d’habitude ; rock de la famille de 3 accords pas plus, faut pas exagérer… On n’est pas dans ces allumés du jazz qui s’égarent dans des harmonies sophistiquées… Django, avec 3 doigts et demi joue 250 accords, un rockeur avec 5 doigts va parfois à 6 accords dans ses jours de d’enthousiasme musical le plus échevelé.

A la liste qui s’allonge chaque jour des hommages désobligeants, Reggiani a eu sa part, Moustaki y a échappé, et si le pire n’est jamais sûr, il devient une probabilité menaçante.

jours ferré,kent,nilda fernandez,valérie mischler,bernard joyet,claire guyot,michel buhler,marie-lou nezeysMais tout n’est pas si noir, il y a depuis quelques années, de très belles interprétations de Ferré dans les Jours Ferré. Prochaine édition dans trois semaines, avec des artistes interprètes de très haut niveau, genre Annick Cisaruk, une des très grandes, elle ne sera pas là cette année, elle a emballé le public ces dernières années, mais la relève est assurée. Le pire n’est jamais sûr, certes, et là, on vérifie qu’on n’est jamais à l’abri d’une bonne nouvelle.

 

 

Pour les renseignements, tarifs de groupe, pass 2 jours, une seule adresse:  l'Européen.  

 http://www.leuropeen.info/index.php?wh=programme&evt=705#705

 Norbert Gabriel

17:48 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (0) | Tags : jours ferré, kent, nilda fernandez, valérie mischler, bernard joyet, claire guyot, michel buhler, marie-lou nezeys | | |  Facebook |  Imprimer |

17/02/2014

La Solitude du chanteur de fond

 

 montand ombre 2.jpgMontand a toujours été un perfectionniste qui travaillait avec une extrème exigence chaque chanson, et chaque scénographie relative à cette chanson. Un professionnalisme qui tenait à son caractère anxieux, inquiet, celui du môme de La Cabucelle, fils d'immigré, qui doit être « commifo » dans chaque situation. Et qui s'est confronté à ses débuts au public de l'Alcazar de Marseille, un des publics les plus exigeants, et souvent  féroce avec les artistes quels qu'ils soient .

 Le succès est venu très vite, quand Piaf doit l'avoir en première partie, elle n'est pas emballée outre mesure, cette vedette qui monte, ça va lui faire de l'ombre, mais elle va voir ce qu'il en est, et perçoit immédiatement le potentiel. Elle m'a fait gagner plusieurs années, dira Montand. Qui comprend très vite la nécessité d'avoir son équipe, et quand il contacte Castella, c'est d'abord un jazzman réputé qu'il recrute. Il deviendra un indéfectible ami. Tout comme Henri Crolla, le deuxième arrivé, "Rico" Crolla qui devient le frangin, le confident, le rital prolo (mais fils adoptif de Prévert) avec qui Montand retrouve la famille. Et c'est avec quelques autres compagnons qui lui seront fidèles sans aucun manquement, qu'il fait un parcours de 7 ans de marathon de tournées, avec en point d'orgue les 8 mois non stop à guichets fermés de l'Etoile 1953. Un concert qui reste un modèle du genre même en 2014. Alors que les albums studios sont assez datés dans la forme. Mais l'Etoile c'est un monument. Montand mettra longtemps à revenir vraiment à la scène chanson, tant l'Etoile 53 a été un sommet. Pourrait-il faire mieux?

A cette époque, Montand est un chef d'entreprise, sur qui tout repose. Simone Signoret définit très bien en quelques lignes ce qu'est la solitude du chanteur de fond. Le patron, mais un patron fragile, si le spectacle n'a pas été réussi, c'est lui qui en prend toute la critique. Dans le cas de Montand, il est parfaitement inenvisageable d'avoir des musiciens interchangeables, les répétitions de Batling Joe, et les cymbales de Paraboschi, c'était des heures de mise au point, pour que le coup de cymbale tombent pile sur le crochet reçu par le boxeur; le guitariste, Henri Crolla, juste derrière Montand, c'est la garde rapprochée attentive qui rattrape parfois le chanteur qui rate un temps, idem pour Castella, Soudieux et Balta. Aucun de ceux-ci ne serait fait excuser pour ne pas être présent à un récital. Le seul cas c'est le voyage en Russie, ça terrorisait Freddy Balta, (l'avion et la Russie) et le jeune Marcel Azzola l'a remplacé. Ce qui fait le charme et la réussite d'un spectacle, c'est une alchimie complice et harmonieuse entre tous les partenaires, ceux qui sont en scène, et qui ne devraient jamais être des pions interchangeables, ceux qui sont en coulisse, pour le son et la lumière. Henri Henri-Crolla-Yves-Montan-400x341.jpgSalvador a raté un de ses spectacles aux Etats Unis parce que les syndicats ont interdit à sa femme de faire les jeux de lumière, au prétexte que leurs éclairagistes assuraient sans problème. Et tous les sketches avec les expresssions comiques de Salvador ont été ratés, la lumière arrivait avec un temps de retard. Parfois ces détails ne sont perceptibles qu'en contrepoint, le jour où on voit un spectacle qui d'un seul coup prend un envol nouveau, il s'est passé quelque chose d'infinitésimal qui fait la différence, le tableau s'harmonise à la perfection, l'artiste a senti l'entière adhésion « amoureuse » de son équipe, et pour revenir à Montand, des décennies plus tard, Soudieux, Paraboschi, Azzola en parlent encore comme quelque chose d'exceptionnel. Parce que c'était lui, parce que c'était eux.

 

*La Solitude du chanteur de fond est un film documentaire français réalisé par Chris Marker, sorti en 1974.

 **Emmanuel Soudieux le bassiste préféré de Django

 ***Bob Castella musicien, ami, et homme de confiance de Montand jusqu'au bout

A noter que Montand après 1960 et la fin d'un contrat avec un imprésario (pendant 12 ans) n'a plus jamais eu d'imprésario, il a tout géré avec Bobby en totale liberté, et en pleine responsabilité de son art.

Bob Castella, après la mort de Montand, a mis un an pour mettre toutes les affaires en ordre, et mission accomplie, il a tiré le rideau.

Norbert Gabriel

 

21:44 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (4) | Tags : yves montand, henri crolla; bob castella | | |  Facebook |  Imprimer |