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25/01/2016

Histoire d'une chanson, J'm' appelle la lune...

Il y a quelques années, 2011 ou 2012, j'ai découvert une chanson de Ferré que je ne connaissais pas.

Annick Cisaruk interprétait « J'm' appelle la lune » lors des Jours Ferré. La surprise passée, vaguement vexé, je consulte mon intégrale Ferré, et rien. Léo Ferré n'a jamais enregistré cette chanson.

Deuxième étape : en 2014, Valérie Mischler est invitée aux Jours Ferré avec cette chanson un peu mystérieuse, les enregistrements sont rares, le premier semble être une version début des années 60 par Los Machucambos, une version que nous dirons exotique. Ensuite, on trouve la québécoise Renée Claude dans les années 90. Vient alors l'idée de faire l'histoire de cette chanson. Et autre surprise, lors des Jours Ferré, personne ne sait rien, ni les spécialistes confirmés, ni Marie Ferré.

pauline-julien-02.jpgRien dans les livres non plus. Un faisceau d'intuitions et quelques indices flous, des souvenirs vagues de livres sur les années cabaret 50-60 font apparaître Pauline Julien comme première interprète probable.

De ricochet en ricochet, Anne Sylvestre me renvoie à Jean-Paul Liégeois, qui admet l'hypothèse sous réserve de vérification. Arrive ensuite Céline Faucher dans la quête des sources. Et dans le second semestre 2015, Jean-Paul Liégeois trouve la preuve à l'INA, comme Céline Faucher la trouve aussi dans les archives de Pauline Julien, au Québec.

Reste la question, quand Ferré a écrit cette chanson très féminine, c'était les années « Madeleine » était-ce pour Pauline Julien, plus comédienne que chanteuse à cette époque ? La quête continue, mais Pauline reste l'hypothèse plausible, quand elle a commencé à chanter, il y avait pas mal de Ferré dans son répertoire.

 

Ici la version de Valérie Mischler, indirectement initiatrice de cette recherche. C'était aux Jours Ferré 2014, merci à Eric Chardin.


 

 Norbert Gabriel

 

 

14:38 Publié dans Blog, chanson, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (4) | Tags : j'm'appelle la lune, ferré, valérie mischler | | |  Facebook |  Imprimer |

28/07/2014

Création et chanson...

 

marie dubas.jpgLa chanson de création, je suis pour... Encore faut-il s'entendre sur ce qu'on entend par là. La réduction de « création » aux Auteurs qui chantent nous aurait privé de quelques chansons de Queneau, Si tu t'imagines, de Sartre, La rue de Blancs manteaux, de Raymond Asso, Mon légionnaire, de Dimey,  Syracuse, s'il n'y avait eu « que » des interprètes comme Juliette Gréco, Marie Dubas, et Edith Piaf, Montand, complétez la liste à votre idée. Et aussi Aragon, L'affiche rouge  (et quelques autres) qui a été interprété par Ferré après avoir été mis en musique. Catherine Sauvage, ou Annick Cisaruk aujourd'hui ont donné à Ferré des interprétations exceptionnelles qui l'ont porté vers un plus grand public. Faudra-t-il oublier Leprest, puisqu'il n'est plus chanteur ?

Guidoni chantant Leprest, ce ne serait pas de la création ? Et Claire Elzière, avec un album comportant 10 chansons inédites de Leprest? 

La sectorisation implacable « les ACI ou rien » est aussi une forme de sectarisme. Heureusement, l'évidence et le réalisme ouvrent parfois les yeux (et les oreilles) Un patron de festival faisant profession de foi de n'avoir que des ACI ne s'est pas privé d'inviter un spectacle sur Barbara, un autre sur Leprest et un troisième sur Ferré, très « reprises » puisque c'est le terme utilisé qui dévalue l'interprétation quand il s'agit du répertoire en chanson. Qui est la seule à bénéficier de cette condescendance vaguement méprisante, aurait-on dans l'idée de dire que la Callas a fait des reprises de Lucie de Lammermoor, parce que Fanny Tacchinardi-Persiani a créé le rôle et les grands airs en 1839?

Evidemment, l'Opéra et la canzonetta, faut pas mélanger... Quoi que... Caruso n'a pas eu d'état d'âme à chanter le classique Rigoletto et Ô sole mio, la canzonetta italiana par excellence.

Bernard_Dimey.jpgLe spectacle vivant ne devrait pas se priver du répertoire de Dimey, de Brel, de Barbara, de Bécaud, au prétexte qu'ils ne sont plus sur scène. Et le festival Dimey, entre autres, n'aurait plus de raison d'être. D'autant qu'une fois vus revus et re-re-entendus, les standards multi rabâchés, il y a des trésors dans les textes de Dimey, qui mériteraient ce qu'a fait Madeleine Ferré avec Aragon, par exemple, un découpage réduction d'un long poème du Roman inachevé pour en faire une chanson,  L'étrangère  ... Dimey, c'est des textes grandioses, La mer à boire, Testament, Manque à vivre, Le bestiaire de Paris, Je ne dirai pas tout, au lyrisme lucide et désespéré, d'une profonde humanité, qui ne transparaît pas toujours dans les chansons cul-rieuses auxquelles il est réduit parfois.

Un autre intérêt de s'intéresser à la chanson du répertoire, c'est qu'elle permet un étalonnement des valeurs. On peut prendre en référence, la version actualisée chaque année de ce pamphlet « Les temps difficiles »... par Bernard Joyet, un véritable hommage à Ferré, tant dans le fond que la forme. On peut aussi y ajouter la très belle mise en musique de « Pépère » un texte de Dimey, par Catherine Bedez pour le spectacle "Valérie Mischler chante Dimey", projet initié par Michel Célie il y a quelques années. Depuis Valérie Mischler est aussi auteur de ses chansons.

La chanson de création, c'est aussi une formidable version de Federico Garcia, par Claire Guyot, avec un prolongement tiré du Romancero gitano, mis en guitare magnifiquement par Yorfela.

Il y a quelques années, avant de devenir ACI, Agnès Debord a remis dans leur jeune âge les chansons des années 30-40, celles qu'on entend chantées par des grands mères, mais qui ont été créées par des jeunes femmes accortes et impertinentes, ce qu'Agnès Debord représente très bien dans toutes les acceptions des termes. C'est ce genre de chanson que j'aime, sans étiquette ni label superflu, pourvu qu'elle soit vivante.

 

Les chansons... Les chansons venues du fond des âges
De l´époque où le roi faisait battre tambour
Jusqu´au Temps des cerises, le plus bel héritage
Le plus joli fleuron de la chanson d´amour
J´aurais tellement aimé écrire La vie en rose
Croiser Monsieur William entre Ostende et Paris
Sur le port d´Amsterdam cultiver ma cirrhose
C´est du Petit bonheur mais ça n´a pas de prix

Les chansons... Les refrains qu´on fredonne en sourdine
Entre l´île Saint-Louis et le pont Mirabeau
Quand Mon pote le Gitan s´endort dans sa verdine
C´est comme un beau poison qu´on aurait dans la peau
Moi qu´écris des chansons pour occuper mes heures
Je voudrais en faire une qu´on n´oublierait jamais
Afin que, parmi vous, un peu de moi demeure
Comme une fleur vivace aux Marches du palais.

 

Salut Dimey !

Norbert Gabriel

Extrait de "Moi qu'écris des chansons" Bernard Dimey

 

 

 

 

16:16 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (1) | Tags : chanson, dimey, marie dubas, agnès debord, valérie mischler, claire guyot | | |  Facebook |  Imprimer |

13/05/2014

Valérie Mischler à l'Essaïon...

 

Valérie Mischler 20 ème 10-2-2014 (178) bandeau AAA 10-02-2014 21-00-46 3354x1711 10-02-2014 21-00-047.jpg

 

Si vous aimez les chansons sans calcium sur des musiques molles, chantées par des minimalistes du verbe et du geste, ce qui suit n'est pas pour vous. Et si l'Eurovision vous a ravi, peu de chances que vous passiez un bon moment à l'Essaïon. Surtout les jours où Valérie Mischler se donne en spectacle. Les textes qu'elle a signés sont dans la veine des auteur(e)s qui ne trempent pas leur plume dans l'encre bleu layette, c'est une galerie de personnages entre desperate women et combattantes de la vie, de celles qui se disent que parfois la vie n'est pas marrante, ce qui n'empêche pas d'être drôle, dans une autodérision joyeuse et décomplexée.

V Mischler  Jours Ferre 2014 deuxieme -2014  la reine de la revue.JPGAprès le Vingtième Théâtre, et une belle participation aux Jours Ferré à l'Européen, retour à ces petites salles qui permettent un contact direct avec le public, ce partenaire indispensable d'un spectacle réussi, c'est son kiff, sa came, son terrain de jeux, et c'est trois jours, 22, 23 et 24 Mai, à l'Essaïon, pour un « Méli mélo de bluettes sur canapé » mais des bluettes parfois très acidulées. Il y aura avec Valérie Mischler, Sabine Balasse, Thierry Bretonnet et Xavier Rubin. A 21h 30.

Pour avoir un aperçu élargi, il y a les chansons que Valérie Mischler a interprètées lors des Jours Ferré, dans un répertoire nouveau pour elle, et parfaitement maîtrisé, les réactions du public en témoignent. Allez sur ce FB où il y a pas mal de choses, interviews, extraits, et comme un spectateur averti en vaut deux, multiplions les échos. Et rendez-vous rue de La Pierre au Lard, un de ces coinstots parigots où fleurit la chanson qui n'a pas la langue dans sa poche.

 Surtout en Mai !

 Pour écouter, c'est là:

https://www.facebook.com/pages/Fans-de-Val%C3%A9rie-Mischler/658649990826303?ref=ts&fref=ts

 

Et pour quelques images de plus, du show, du show, du show,

 

Montage VM Show.jpg

 

 

17:15 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (1) | Tags : valérie mischler, essaïon | | |  Facebook |  Imprimer |