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29/02/2012

DJAZZERIES 4 Etymologies (suite)

 Conversations avec Doc Caloweb

 

jazz.jpg

Depuis pas mal d'années, on glose sur l'origine du terme « Jazz » avec des variantes multiples, selon culture et sources, ça part dans des directions très différentes, consultons donc le Doc sur ce point linguistique et phonétique...

 

«... Ah ça en fait jaser cette histoire … Pour les gens du French Quarter, c'était « jaser » qui a donné  jazz, ça se peut, il y a de la parlotte musicale en un sens, on part d'un air connu, et ça s'envole en impro... Mais on a d'autres versions, plus piquantes, avec l'argot des esclaves qui est devenu une sorte de langage codé que le white ne soupçonnait même pas. Il devait se dire qu'on n'avait le cerveau assez développé pour faire de l'humour. C'est comme ça qu'on a eu un langage sous terrain assez épicé pour être totalement imperméable aux gens de la bonne société.

 Et ça a duré longtemps, tiens une histoire assez récente, enfin, dans les années 80, memphis slim.jpgMemphis Slim était en tournée en Europe, depuis plus de 20 ans il vivait en France, et en tournée quelque part dans le Nord, je crois que c'était en Belgique ou en Hollande, parmi les invités il y avait le consul des USA. Qui est venu la gueule en cul de poule demander à Peter – oui, c'était son nom Peter Chatman- en fait son premier pseudo, en vrai c'était John Len Chatman, oui donc, le consul se ramène avec sa blonde peroxydée façon Jean Harlow, et demande à Peter de lui dédicacer un morceau, et tu sais ce qu'il a fait ? Il lui a dit je viens de composer un morceau, c'est la première fois que je vais le jouer, le titre « If You see Kay … » tu parles s'il était ravi le con.. sul,  faut te dire que c'était au moment où il fallait faire des cordons de police pour que les premiers étudiants coloured puissent entrer dans les grandes universités white only. Tu saisis pas l'astuce ? T'es pas le seul, alors voilà, en anglais le « F » se prononce « If » le « U » se prononce « You » et le « K » c'est ' »Kay' » suffit de mettre les lettres à la suite ... balaise hein ?? F.U.C.K... Des trucs de ce genre, il y en a eu, tu peux me croire, surtout au Cotton Club avec Cab Calloway, il leur en a fait gober des djazzeries à la bonne société qui venait s'encanailler, et qui ne comprenait pas les sous entendus du black slang très épicé.. et jazz, il y eu une autre explication, ça peut venir de jass, en quelque sorte tirer un coït, ou tirer un coup comme vous dites... Why not ? Jelly Roll Morton, on pouvait aussi se poser la question, du jelly .. le jelly roll, c'est un gâteau roulé à la confiture, un standard des doudouceries patissières, lui c'était Ferdinand Joseph Lamothe, son beau-père s'appelait Mouton d'où Morton, il se disait « inventeur du jazz. » sacré Ferdi ! Pour le jelly, c'était peut-être son côté chaud lapin, hot rabbit, parce que jelly, comment dire ? C'est pas que de la gelée de groseilles. You see ? Oh darling, I've good jelly for you...

 

jelly roll.jpgFerdinand il était plus créole qu'africain, il était plus de genre à jouer du piano dans un salon chic que bricoler un banjo dans les cabanes des bas quartiers.. Mais bon, ça l'empêchait pas de courir la gueuse comme tout bon musicien de jass … et de distribuer sa jelly en rag time très endiablé.

C'était un type assez détestable, mais un grand musicien, ça on peut pas dire le contraire, il a pas inventé le jazz, mais il a fait le buzz comme on dit aujourd'hui, et pour ça il était doué. C'est le chaînon entre le rag de Scott Joplin et le jazz libre qui a suivi. Le rag c'était assez rigide comme structure, il a aéré, allégé, laissé la place à l'improvisation, c'était passionnant pour nous, les musiciens autodidactes, il préparait des arrangements, c'était nouveau. Il a bien ouvert la route aux bigs bands.

Tiens pour le gâteau roulé à la confiture, il y a une autre version, « Jelly Roll was black slang for the female genitalia » dit-on aux States... Et en français j'aime bien l'abricot ... en confiture ... aussi …

 Pour les histoires des noms, faut dire que si on connaissait le nom de la mère, c'était le plus souvent très flou du côté du père. Héritage des temps de l'esclavage, quand les belles négresses se faisaient engrosser par le maître, elles évitaient de le dire aux enfants, pour qu'ils n'aillent pas réclamer une part d'héritage... au péril de leur vie qui ne valait que le prix de la marchandise qu'ils étaient. Donc l'état civil était très incomplet, et le nom venait le plus souvent du côté d'un ami du père. Mais on trouvait des indications dans les documents religieux*

Je sais ça, parce que mon frère avait fait des recherches, c'était un mec sérieux lui, à vouloir faire avocat, pour un nègre en 1915, tu vois un peu … La question ne s'est pas posée, il est mort en 1917 en France, quelque part en Lorraine... Il pensait qu'on avait une dette envers les français depuis La Fayette. Il était pas mauvais au cornet, mais la vie de musicien, c'était pas son truc, trop de mauvaise vie, tu vois … Pendant longtemps, le jazz, c'était la musique des bordels, jouée par des macs et chanté par des demi-putes, c'est ce qui se disait dans la bonne société, qui n'hésitait pas à venir se donner le frisson ... quand même … et quand on voyait Jelly Roll avec une fille à chaque bras, et son diamant à la place d'une dent, on pouvait se poser la question. Tu comprends pourquoi le vocabulaire est très codé obsédé sexuel … Tu me diras que vous les français, vous n'êtes pas à la traine non plus … D'autres sources disent « jasm » qui aurait dérivé en jass et jazz... Jasm, ça veut dire vitalité, d'autres disent que ça vient de chasse-beau, une danse, et aussi des jazzbelles, qui seraient des Jezabel comme la pute de la Bible … Va savoir, ce qui est sûr, c'est que tous les peuples surtout les peuples de la rue inventent des langages en couleurs, du brut de pavé, vert de langue, et pour ça les africains ne sont pas en retard, pour rester dans le sujet, enfin dans les gros mots recolorés, j'aime assez ce que disent les africaines de l'Ouest qui font le tapin à leur compte, sans mac, leur petite entreprise, elles l'appellent « faire boutique mon cul » c'est marrant non ?? je me demande ce que ça pourrait faire en anglais, ass-store ?? on pourrait dire « fesse market »... en novlangue...

(Une question vient éclairer un point intrigant: la très bonne connaissance du Doc de la langue verte et française, sur ce point, les explications feront l'objet du prochain entretien, en attendant, terminons l'épisode)

 

Mes parents et leurs parents, c'étaient des nègres de maison, ceux qui servent et gèrent la maison, rien à voir avec les nègres des champs, ces moins que rien, nous oncle tom.jpgaussi on avait notre racisme, pas question qu'un nègre de maison, bien habillé et qui savait se tenir aille s'acoquiner avec des nègres des champs. Dans les maisons, même si c'était interdit, les nègres apprenaient à lire et écrire, des esclaves supérieurs... Et on a toujours été instruits, enfin, pour des nègres... Et puis j'ai toujours été un type curieux, qui a toujours eu envie d'aller voir de l'autre côté de la montagne, et puis il y avait un vieux toubib qui venait soigner les filles, et qui avait des livres, et comme j'étais un des seuls à savoir lire autre chose que la Bible, j'ai découvert des trucs très exotiques, comme Les misérables, exotique, mais ça me parlait... c'est peut-être aussi pour ça que j'ai eu envie de venir en France au lieu d'aller vers la Californie... Ça me plaisait assez de me trimballer avec un gros livre qui n'était pas la Bible... Un gros livre et mon banjo... Tout mon bagage... Finalement, c'est bien de voyager léger...

à suivre …                   

                                                                          propos recueillis par Norbert Gabriel ©1998-99

 

*pour Jelly Roll, ses parents étaient F. P. Lamothe and Louise Monette (écrit Lemott et Monett sur son certificat de baptème). Eulaley Haco (de son vrai nom Eulalie Hécaud) était sa marraine. Voilà comment on fait de vrais américains. Sur sa plaque tombale: Ferdinand Morton,   Jelly Roll.

tombe jelly roll.jpg

 

 

 

23:41 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (1) | Tags : jazz, memphis slim, jelly roll morton | | |  Facebook |  Imprimer | | | |

Rock Rebellitude ...

Rock rebellitude et Régécolor...

 

Le monde bouge, le monde avance, et les grandes idées finissent par s'imposer. Alléluyah !

Il fut un temps où le rocker pur Harley and chaine de vélo se peignait la banane aux reflets gomina new âge , et laquage dans la masse.

rock perruque.jpg

Et pour les écononiquement faibles de la crinière, il y a des postiches disponibles sur le marché. Et que ça rolle in the hair, youpi pour le bigoudi si on veut faire dans le look frisouillé, mais en général, le rocker est plutôt roots and boots, ray ban et Stratocaster. Du costaud qui sonne. Sans concession aux mignardises émollientes, le rock c'est du roc. Et le rocker un mec qui en a dans le solid body !

Les temps ont bien changé, le rockeur 2012 se doit de faire le djeun, et le djeun n'a pas de cheveux blancs, (ou pas de cheveux du tout, la boule à zéro a aussi ses adeptes, sans doute des sinistrés de l'ukase « Cheveux longs et idées courtes » ce qui laisserait entendre que la longueur du cheveu est préjudiciable à la floraison des idées. Ce qui n'implique pas automatiquement non plus que le cheveu éradiqué façon Hiroshima est la garantie d'un cerveau en éruption permanente de génie créatif … Rions un peu en passant, dans « créatif » il y a « Tif » ce qui tendrait à montrer que le cheveu est un élément essentiel du bouillon de création culturelle... La preuve ? Léonard de Vinci. De création, ou de force, la preuve, Samson. D'onction divine, la preuve, les rois francs depuis Clodion le Chevelu. De génie littéraire, la preuve, les sorbonnards chevelus par tradition.

Ou PPDA … Qui est annoncé comme postulant à un siège d'académicien... Pas la StarAc, l'Académie Française, celle de Victor Hugo, Lamartine, Pierre Benoit, Paul Claudel, André Maurois, Pagnol, Edmond Rostand , Cocteau, Anatole France, Paul Valéry, Joseph Kessel, Henri Troyat, François Mauriac, Julien Green, Léopold Sédar Senghor, Marie-Joseph Chénier, Marguerite Yourcenar, Jules Romains, André Chamson, Nicolas Boileau, Alfred de Musset, François Coppée, José-Maria de Hérédia, Jean Racine, Pierre Corneille, Charles Perrault, Châteaubriand, Pierre Séguier qui fût le premier titulaire du fauteuil numéro 1 en 1635 et aujourd'hui en 2012, pour le 40 ème et dernier siège voici Patrick Poivre d'Arvor. Pour vous, je sais pas, mais moi je trouve que c'est vraiment tiré par les cheveux, ou que ça fait comme un cheveu sur la soupe. Revenons donc à nos cheveux.

On voit donc d'étranges mutations capillaires qui ne doivent rien à Tchernobyl ou Fukushima, mais qui doivent tout à l'Oréal, la valeur sûre des temps modernes.

Exemple voici deux images d'un même musicien, à gauche « Avant » à droite « Après »

Pano bertignac.jpg

 entre les deux la potion magique qui vous fait le brushing plus djeun pour être vu à la télé. Quand je dis brushing, c'est une façon de parler...

Ça se passe sur TF1, pour l'émission The Voice, et ça me semble assez facultatif pour faire avancer la chanson sur les sentiers de la gloire. mais je dois être de mauvais poil ...

Norbert Gabriel

 

Last but not least, un coup d'oeil sur la bête de rock, la légendaire Stratocaster:

 

stratocaster.jpg

 

laquelle Stratocaster semble avoir bénéficié elle aussi de cette lotion magique, dont voici l'origine

Ratanhia:  Le colorant se trouve dans  des racines séchées  brun rougeâtre et très épaisses.  La plante est originaire des Andes boliviennes et péruviennes, dites «Rathania du Pérou." 

Nom scientifique: Krameria triandra Ruiz et Pavon. Famila: Krameriaceae

 

00:48 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (2) | Tags : rock, stratocaster, bertignac, the voice | | |  Facebook |  Imprimer | | | |

22/02/2012

Je rigole !

« Je rigole » première soirée à La Manufacture Chanson, lundi 20 Février 2012

 

Je rigole 557 trio AAA3  20-02-2012 22-25-55.jpg

 

Trio qui fait vivre toute la palette des émotions à travers ses compositions et interprétations jouant sur toute la gamme des sentiments. De la rage et de l'amour, de l'humour et de la passion incandescente de ceux qui vont au plus profond de l'humain, sans concession chamallow. Et avec le regard affûté du vieux père Hugo dans ses « Choses vues » et chantées en mode majeur, celui qui a inspiré les troubadours visionnaires. Le poète est un prophète qui voit plus loin que l'horizon, un enragé de la vie, un inventeur d'utopie, ce chemin inexploré, mais peut-être possible.

Ce qui brille dans le regard des enfants, c'est la vie.... Vierge d'elle même.(Andoni Iturrioz)

Avec quelques images attrapées ce lundi 20 Février à La Manufacture Chanson, j'ai emprunté ce qu'ont écrit d'autres compagnons d'admiration, et que je partage sur le fond et la forme.

Norbert Gabriel

"JE RIGOLE.
Merde, un artiste !
Enfin je veux dire, pas qu’un chanteur (de plus).
Je veux dire un illuminé qui veut marier la tendresse et les avions de chasse, la chanson et le free jazz, l’intime et l’Apocalypse, Lisa Portelli et les purges de locomotives anciennes, le flamenco et la symphonie shamanique, Leonard Cohen et le Velvet Underground,… ta mère et la pute (non je rigole !).
Je veux dire un malade mental dont la folie perfectionniste pour l’imperfection parfaite me rend presque jaloux.
Je veux dire un vieil indien de 70 ans qui exulte en tapant dans les mains comme un enfant de 4 ans quand il est content de mon travail, après avoir fait les 100 pas pendant des heures dans mon studio.
Je veux dire un enthousiaste (présence de Dieu en soi en ancien grec, si je me souviens bien).
Je veux dire un pirate avec qui j’ai eu le plaisir de naviguer à vue pendant quelques mois, lui et son équipage étrange et disparate.
Je veux dire de vrais textes (!), je veux dire l’harmonie des contraires, je veux dire un rire, je veux dire JE RIGOLE !
Il y a tout ça dans l’album, vous verrez et vous l’entendrez je vous le jure !
J’en frissonne en l’écrivant.


Bertrand Louis


pano je rigole.jpg

Contrebasse : Xuan Lindenmeyer Chant, guitare : Andoni Iturrioz Clarinettes, Jean-Brice Godet


 

Je rigole 559  Andoni portrait 20-02-2012 22-29-14.jpg« Andoni Iturrioz a dans son bagage de baladin la tendresse et la passion des grands. Si ses racines plongent sans réticence dans la tradition qui nous nourrit tous, il déploie toute l’arborescence de son talent dans l’impertinence et la modernité.

Il le fait avec force, avec foi, sans oublier la pincée d’humour sans laquelle il manque aux œuvres une des couleurs essentielles de la vie.

(Claude Lemesle)

 

L'univers de Je rigole. se dessine en dégradé de ténèbres, du gris anthracite au noir le plus sombre. Pourtant la musique bien vivante joue avec les touches de couleurs, éclairant le tableau d'une vivacité qui parie sur le contrepoint pour animer la scène. Le résultat est convaincant, à la hauteur du talent des musiciens, qui varient les ambiances. »

THE FRENCH TOUCH, Janvier 2010

 « Andoni, c’est le vent du voyage… l’âme des semelles de Rimbaud à l’aube du XXIe siècle. Fils de Chris Marker et fou de Louis-Ferdinand Céline, il vous dessine une chanson comme le Petit Prince caresse un mouton… qui ne rentrerait pas dans le rang. »

Eric Guilleton


"Je rigole"

à la Manufacture Chanson jusqu'au 9 Avril, vaut mieux réserver, conseil d'ami...

 

http://www.myspace.com/jerigoleandoni/shows


14:34 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (2) | Tags : je rigole, chanson, andoni iturrioz | | |  Facebook |  Imprimer | | | |