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28/02/2015

Etre une femme qui chante

 

Quatrième épisode, après avoir été la p'tite qui chante, apprentie star à la conquête de Paris, Marie-Thérèse Orain découvre d'autres aspects de la vie d'artiste au féminin chantant...

 

et n'oubliez pas, un coffret, un album, avec des inédits est annoncé:

http://caminoverde.com/spectacles/marie-therese-orain.php...

 

 

24122014-1966_Orain_Omajakeno_Leonard de Selva.jpgMais le temps des cabarets n'a pas été toujours facile. Dans une vie d'artiste, si le talent est là, ce n'est pas toujours suffisant, il faut prendre en compte des critères non écrits, surtout quand on est une femme.

Quand on est une artiste femme certaines portes restent fermées...

Outre cet aspect de la question, il y a d'autres données à considérer, et Marie-Thérèse Orain analyse les choses avec lucidité. Quand elle commence à avoir un début de notoriété, c'est dans la mouvance des cabarets rive gauche, des chansons à texte, et c'est à ce moment qu'arrive la déferlante des yé-yés, le temps des copains, ces sixties que Michel Jonasz définit par :

"On les appelait les années soixante parce qu'il naissait un groupe de rock toutes les soixante secondes."

Guitariste-à-la-Banane--719x1024.jpgLes maisons de disques produisent n'importe qui faisant du simili rock look ersatz USA : " Si t'as pas une guitare électrique et un 45 tours à 20 ans, t'as raté ta vie, coco… "

Marie-Thérèse est cataloguée rive gauche, le sceau presque infamant des valeurs dépassées par les Johnny-Sylvie-Richard-Frank-Sheila-Dick-Eddy, idoles des jeunes, c'est le temps où j'ai beaucoup pleuré… dit la chanteuse rive gauche. Le temps du twist, le temps du triste qui vous fiche has-been à 25 ans.

C'est une question de timing avec l'époque, avec la mode, il faut arriver au bon moment… C'est même parfois plus important que le talent. Et puis quand on est une femme, il y a des choix à faire, accepter ou pas les opportunités horizontales. Un patron de maison de disques m'a dit en face, après avoir évalué la bête : « Votre album est très bien, mais ça ne se vendra pas. Cherchez quelqu'un qui a 30 millions (d'anciens francs) à perdre… » Voilà pourquoi je n'ai pas fait d'album… même si j'avais certains arguments. Julien Clerc, ou Bruel sont arrivés à un moment où le public désirait inconsciemment quelque chose. Il faut avoir le physique et le style qui va avec l'époque, et les relations qui permettent de s'installer.

 

En resituant ce qu'était cette époque de transition vers le marketing yé-yé, le label virtuel Rive Gauche était un vrai défi aux maisons de disques.

L'arrivée des ACI dans les années 50 avait déjà perturbé les structures en place, celles des grandes entreprises musicales ayant le contrôle de toute la chaîne de la chanson : un chanteur ayant un potentiel supposé, se voyait fournir par son employeur toute une équipe, le parolier, le compositeur, l'éditeur, le studio, le tailleur, le coiffeur... La règle était la chanson-maison mise en succès par un chanteur, suivie dans la foulée par un disque orchestre, et une version musette, car le sam'di soir après l'turbin, ou le dimanche soir, ça guinche un peu partout, et passez la monnaie. Qu'importe ce qu'on chante pourvu que ça se danse avec droits Sacem y afférents.

L'Auteur-Compositeur-Interprète , cet artiste artisan quasi autonome, c'est un pied de nez aux « marchands », et dans show-biz, il y a surtout bizness du show. Très tôt Guy Béart devient son propre producteur éditeur, d'autres suivront, Salvador, Mouloudji...

 

 Marie-Thérèse Orain était dans cette ligne artistique,dite rive gauche, et il fallut bien du talent, et de la volonté pour tailler sa route sans naufrager dans la vague yé-yé. « Le talent, c'est vouloir. » selon Jacques Brel, l'artiste majeur de mademoiselle Orain. Je sortais d'un concert de Brel trempée comme si j'avais fait le spectacle, c'était torrentiel, c'est le chanteur qui m'a le plus bouleversée. 

C'était aussi le temps où nombre de journalistes conseillaient à Brel, Brassens, Aznavour, Béart de faire chanter leurs œuvres par des vrais chanteurs. Et quand une femme arrive en auteur-compositeur-interprète, tous les moyens sont bons pour la faire taire. Nicole Louvier n'a pas pu résister au rouleau compresseur des marchands. Mais elle a contribué à ouvrir la voie à Anne Sylvestre deux ou trois ans plus tard. Au cours de cette période riche de péripéties, Marie-Thérèse Orain a souvent le sentiment d'être un papillon qu'on bride dans ses envols. Mais...

Dans une période qui n'était peut-être pas la plus enthousiasmante, quand le doute menace, arrive un de ces petits miracles qui vous sauvent la vie d'artiste. Un soir de cabaret, après le spectacle, un monsieur un peu timide s'approche : « Moi je n'y connais rien en spectacle, je suis garçon de café, mais ma femme, elle a l'œil, et ma femme, elle a dit: elle ira loin, la p'tite. » C'était peut-être écrit quand la p'tite avait 4 ans, et ce clin d'œil amical est toujours resté dans le cœur de la p'tite… C'est devenu une chanson, « Va lui dire à la p’tite », écrite et composée en 2014 pour Marie-Thérèse Orain par son amie Anne Sylvestre. Et la vie saltimbanque continue.

Depuis vingt ans Marie-Thérèse Orain a multiplié les petits rôles, au théâtre, au cinéma, ces personnages pittoresques qui éclaboussent d'un éclat de rire ou de soleil et qui donnent du peps à des comédies plus ou moins réussies. La petite bonne rigolote, la fille délurée à la langue verte et gouailleuse, c'est le bonheur des dialoguistes, la jarretelle sur le bas, le mot qui cueille le spectateur la réplique qui jubile. C'est un de ces rôles qui va ouvrir les portes d'un domaine nouveau pour la chanteuse de cabaret, l'art lyrique, les opérettes, l'opéra comique. Elle est remarquée par Jérôme Savary et Alfredo Arias, et la voici embarquée dans des années lyriques, tout à fait inattendues. Comme l'a dit Brassens, dans un autre contexte, sans technique, un don n'est qu'une sale manie. Quand passe le hasard, d'abord, il ne faut pas le rater, mais surtout, il faut être prêt. Et chaque fois Marie-Thérèse Orain était prête à attraper la queue du Mickey pour un nouvel envol.

 

les trois menestrels.jpgAnne-Sylvestre-tant-de-choses.jpgPour mon premier Bobino, je chantais depuis 3 ou 4 mois, il s'est passé ce que les jeunes d'aujourd'hui ne peuvent même pas imaginer, quand je raconte, ils doivent se demander de quel temps des diplodocus je parle...

A Bobino, on passait des auditions, avec le pianiste de fonction, des très bons musiciens, je crache mes deux chansons, et sitôt dit sitôt fait, vous faites les trois semaines de décembre, pour les fêtes. Les Trois Ménestrels étaient les têtes d'affiche, il y avait Anne Sylvestre que je connaissais depuis le Port du Salut, et pendant 3 semaines, c'était bourré comme un canon... ça s'est passé comme ça, sans piston, sans bakchich...

 

à suivre, la semaine prochaine si tout va bien...

 

18:39 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (2) | Tags : marie-thérèse orain, guy béart, mouloudji, anne sylvestre | | |  Facebook |  Imprimer |

17/02/2015

Le joli temps des cabarets...

 

 Troisième épisode: tours de chant, tournées, le temps des bons copains 

et n'oubliez pas, un coffret, un album, avec des inédits est annoncé:

http://caminoverde.com/spectacles/marie-therese-orain.php...

 

21032014-1969_Orain_Ecluse_Souchon.jpgDans ces cabarets, on pouvait croiser des habitués de la course quotidienne au cachet, de scène en scène, et des débutants signés par des maisons de disques voulant tester leur impact sur le public. Mais si certains lieux avaient une exigence de spectacle sans perturbation de service, comme le Cheval d'Or, d'autres mélangeaient allègrement la polka des assiettes et des verres, et la ronde des chansons ce qui inspirera « La chanteuse » pour Marie-Thérèse Orain, et plus tard une « Complainte.. » à Maxime LeForestier. Parfois, quand une chanteuse passe dans un cabaret, il est assez fréquent que certains clients fassent une confusion entre l'attraction annoncée au programme, la chanteuse, et la distraction, en supplément implicite non inscrit sur la carte des consommations. Confusion des genres qui se produit aussi parfois dans les dîners en ville. Quand on invite la femme célibataire, celle qui a du bagou, et qui est censée faire son numéro, C'est une entraîneuse  que tu veux? - Mais non, tu es comédienne…  répond la maîtresse de maison… qui ne semble pas y voir une grande différence. Femme libre, donc libre de refuser ce qui ne lui convient pas, à tous points de vue, quitte à manquer des opportunités…

Avec Jacques Debronckart, rencontré à l'Echelle de Jacob, c'est un vrai partenariat, amical et musical. Auteur-compositeur, il écrit aussi sur mesure, « La chanteuse » c'est pour Marie-Thérèse Orain, une de ces tranches de vie d'artiste dont on pourrait dire, se non é vero é ben trovato…

Jacques traduisait exactement ce qu'on avait dans la tête, à partir d'une idée que je suggérais, il faisait du sur-mesure, et c'était un visionnaire, tous les problèmes de société d'aujourd'hui il les a chantés dans les années 65-70...

Cette écriture sur mesure, c'est exactement ce qu'il faut à une artiste qui sait faire vivre les personnages des chansons. Il ne s'agit pas de s'écouter chanter en faisant des effets de voix ou de charme sans trop s'occuper du sens pourvu qu'il y ait le son. Marie-Thérèse est de la famille des comédiens qui chantent, et qui donnent un supplément d'âme à leur art. A peu près l'antithèse des yé-yés avec leurs musiques à danser sans trop réfléchir au texte... Comme cette perle fin Août-début Juillet  qu'un parolier parola pour Johnny, et que personne ne remarqua dans la chaîne de production de la chanson. Ô temps suspends ton vol,  et refais la chronologie.

Malgré tous les avatars de « la chanteuse » , on fait la tournée, et on apprend le métier. Et Marie-Thérèse apprend vite.

Dans les cabarets de cette époque, il y avait tout de suite du boulot… Mais son répertoire et l’étiquette Rive Gauche associée la coupent de tous les grands concours populaires. J'étais trop dans le métier pour les concours, les tremplins

C'était le temps des pleurs, des matins et des soirs en souffrance…Cette chanson dite rive gauche, on lui a collé beaucoup d'étiquettes, elle dérangeait, elle contrariait les marchands du showbiz. Ce qu'en disait Moustaki dans les années 66-68 : « La chanson rive gauche est une chanson plus libre qui ne se fait pas selon le goût du public, mais qui apporte son goût au public... Elle n'est pas dictée par une pensée démagogique, c'est une minorité qui a généré un travail d'équipe ». Ça reste toujours d'actualité en 2014, la pensée musicale démagogique.

Henri-Crolla-Yves-Montan-400x341.jpgCette minorité créative a eu aussi des conséquences négatives parfois, en faisant un ghetto culturel de cette mouvance libertaire. Mais c'est aussi dans ces boites à chaussures (sic) que des orpailleurs comme Jacques Canetti découvraient les vedettes de demain. Il se dit que c'est en allant à l'Echelle de Jacob qu'Yves Montand a découvert l'auteur de « Mon pote le gitan » dont il a fait un succès. Après que Crolla ait insisté pour qu'il la prenne dans son tour de chant (témoignage Jacques Verrières)

Et c'est dans ces cabarets que les organisateurs de spectacles allaient chercher celles et ceux qui assuraient les premières parties, à la fois test pour débutants et garantie de variété pour le public en attendant la vedette qui passe après l'entr'acte. Comme dans cette tournée où Marie-Thérèse Orain et Pierre Louki font la première partie de Georges Brassens. Dans des conditions parfois houleuses.

En tournées théâtre ou music-hall, les rencontres se multiplient, les amitiés se révèlent, de beaux moments partagés qui laissent des éclats de soleil dans la mémoire, et des belles lignes dans le livre d'or virtuel.

 21032014-1976_Orain+Brassens_SSouchon2-2.jpgGeorges Brassens a écrit ce qu'on peut reprendre in extenso aujourd’hui :  Vous pensez bien mes chers amis que je ne vous conseillerais pas d’aller applaudir ma copine Marie-Thérèse Orain si le dérangement ne valait pas la peine. J’ai passé l’âge de faire des blagues et d’inciter les autres à gaspiller leur temps à des riens. La femme et l’artiste que vous découvrirez valent d’être encouragées. Réservez-leur une soirée, vous ne risquez pas la déception. Amusez-vous bien en compagnie de Marie-Thérèse Orain.

 Claude Nougaro : Laissez-moi vous dire mon admiration pour un talent qui n’emprunte rien au bluff ni aux modes, ne connaissant que les chemins de l’esprit et du cœur.

 Et Suzanne Flon :

26122014-Orain_Flon.jpg

 Il y eut d'autres très belles scènes, l'Olympia, Bobino avec Brassens en 73 et 76, puis les deux derniers en 81-82... Et aussi avec Nicole Croisille, Caussimon, Anne Sylvestre, Les Frères ennemis... J'adorais les écouter... Des amitiés et des fraternités avec les bons camarades, Bernard Haller, Alex Métayer, Serge Lama, impressionnant de détermination dès ses premières chansons .

Mais la vie d'artiste d'une femme qui chante n'est pas toujours un long fleuve tranquille, il y a des passages difficiles … Donc rendez-vous la semaine prochaine, et n'oubliez pas, c'est le 12 avril à l'Européen qu'il faut être pour le spectacle-sortie d'album, et notez ce que disait tonton Georges,

La femme et l’artiste que vous découvrirez valent d’être applaudies.

Réservez-leur une soirée, vous ne risquez pas la déception.

Amusez-vous bien en compagnie de Marie-Thérèse Orain.

 

10:13 Publié dans Blog, Musique | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (2) | Tags : marie-thérèse orain, cabarets, rive gauche, l'écluse | | |  Facebook |  Imprimer |

05/02/2015

Comment la chanson arriva dans la vie de Marie-Thérèse une deuxième fois...

 

Rappel de l'épisode précédent : après un premier succès à 4 ans , car ses pareils à deux fois ne se font point connaître, et pour leurs coups d'essais veulent des coups de maître, mademoiselle Marie-Thérèse est partie à la conquête d'un art noble de la scène, le théâtre, Andromaque, Iphigénie, Jocaste, Pénélope, Phèdre, faut pas hésiter à viser au plus haut, cette légitime ambition n'aboutira pas exactement selon ses vœux...

 

29122014-1961_Patachou partition.jpg

 

 

 

 

Dans un des tous premiers rôles qu'elle interprète, il y a une chanson, c'est la révélation, voilà ce qui la fait vibrer, être en scène, chanter, faire vivre des personnages dans un mini show de trois minutes, être l'interprète-metteur en scène-directeur d'acteur de ce qu'on a choisi... Se donner ses rôles, gugusse ou de tragédienne, tout est possible, mais comment ? Et alors, il arrive qu'un ange passe.

 

Acte 1 – Une répétition de spectacle musical, « L'impasse de la fidélité », d'Alexandre Breffort. Marie-Thérèse Orain, doublure de Patachou pour les réglages de chorégraphies est en scène avec les danseurs pour mémoriser les déplacements et les montrer à Lady Patachou quand elle arrivera pour finaliser. Un jour où Patachou est en gala et en retard, le metteur en scène dit à la doublure qui connaît le spectacle et les chansons : « on répète et tu chantes. » Patachou arrive sur ces entrefaites, reste au fond, écoute, puis monte sur la scène. En répétant les déplacements, elle lui glisse à l'oreille :
  • Mais dis donc, tu chantes ?
  • Mais non madame… non, non…
  • Mais si tu chantes !
  • Mais non madame, c'est juste pour répéter je ne suis pas chanteuse.
  • Tu n'as pas voulu me le dire devant les autres, mais tu es chanteuse…
  • Mais non, j'ai chanté en poussant les décors à Ozoir-la-Ferrière...
 

Patachou.jpgLa scène continue jusqu'à ce que Patachou lui dise : Chiche, trouve quelques chansons, et quand tu seras prête, viens bouffer à la maison. Il faut saluer cette générosité, car en général, la grande vedette n'apprécie pas l'arrivée d'une petite jeune plutôt accorte qui vient marcher sur ses plates-bandes.

Après avoir demandé à tous ses copains des chansons qui pourraient faire l'affaire, à Ricet-Barrier, puis un autre, puis un autre, Marie-Thérèse se présente chez Patachou en son hôtel particulier de Neuilly. Après le déjeuner, elle l'écoute en tête-à-tête, son mari ayant été invité à les laisser seules, et conclut :

- Oui, il faut continuer, mais tu n'as pas les bonnes chansons, je vois très bien ce qu'il te faut comme répertoire, le mien… je vais te donner des adresses.

La vie d'artiste de music-hall va commencer.

Patachou a été formidable, elle a été très présente et m'a bien épaulée. J'ai fait L'École de vedettes avec Guy Béart comme parrain, puis j’ai participé à des soirées qu'elle animait comme directrice artistique de la Tour Eiffel… c'était un répertoire de rigolade. Parfois un peu culotté quand même.

Et voici le temps des premiers cabarets.

Je suis allée auditionner chez Madame Lebrun, à l'Échelle de Jacob, à la suite d' une défection. Elle m'a dit : « Tu commences ce soir »… À cette époque, on s'entraidait beaucoup, dans les cabarets de la rive gauche, on se passait les adresses, on allait aux auditions ensemble…On partageait.

Debronckart.jpgC'est arrivé comme ça : un jour dans un cours de chant, chez Christiane Néré , une chanteuse style Piaf, et une prof formidable, j'y suis restée deux ans pendant Oscar, donc un bonhomme vient me voir à une audition publique, un directeur artistique de Pathé Marconi : « Je vais parler de vous à Madame Lebrun. » Puis il m'appelle pour s'excuser : « Le programme est complet », puis : « Madame Lebrun a un problème, vous passez à minuit, et ça vous servira d'audition. »

 En même temps, ça lui faisait un numéro gratuit… J'étais assez terrorisée. Il n'y avait qu'un couple d'amoureux, très occupés, la patronne a eu pitié de moi : elle a mis le garçon, la fille du vestiaire et le personnel devant moi pour faire un soutien… et ça lui a plu. Elle m'a gardée 7 mois et c'est là que j'ai rencontré Jacques Debronckart. Chaque soir, on faisait tous plusieurs cabarets, avec trois ou quatre chansons, certains étaient autonomes avec leur guitare, sinon il fallait s'adapter au pianiste du lieu. Et avec Jacques, ce fut le coup de foudre artistique. C'est aussi dans ce cabaret que j'ai rencontré Gribouille qui passait pour la première fois. C'était à l'automne 1962, on a partagé la seule loge, elle était mal à l'aise, moi, de mon enfance dans les hôtels de mes parents, j'ai toujours eu le contact facile, et je ne supportais pas de voir quelqu'un qui allait mal sans rien faire. Elle est devenue ma petite sœur, mais ça n'a pas toujours été facile …

 

Elle débute dans la chanson en 1961 à l'Échelle de Jacob, puis à l'École buissonnière, avec un répertoire plutôt humoristique. Elle passera dans tous les cabarets "rive gauche" (notamment à l'Écluse et à la Galerie 55 dès 1966), s'orientant peu à peu vers des tonalités plus graves. Saluée par la presse comme une des valeurs montantes de la chanson, on la compare tantôt à Marie Dubas, tantôt à Odette Laure. Une grande interprète, dont la carrière perdure quarante ans après ses débuts.

Gilles Schlesser, Le Cabaret "Rive gauche", éd. de l'Archipel, 2006.

 

Dans l'album qui sera disponible au printemps 2015, figureront des chansons inédites de Jacques Debronckart, écrites pour Marie-Thérèse Orain, et dans le coffret, ces chansons seront éditées en "petit format"  qu'on se le dise ! (renseignements ici : http://caminoverde.com/spectacles/marie-therese-orain.php)

 

La semaine prochaine:  Le joli temps des cabarets...

 

 

00:41 | Lien permanent | Norbert Gabriel | Commentaires (2) | | |  Facebook |  Imprimer |